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Mazeau Elsa

Exposition "Retouches Archéométriques"
- Vous êtes de la même famille ?
- Non.
- Vous devriez...

Abbaye de Combelongue, 09420 Rimont

Kupfer

Le travail d'Elsa Mazeau entrelace la recherche scientifique avec la réinterprétation et l’appropriation d’un espace en devenir par le voisinage.
Comment les habitants et les sites archéologiques dialoguent ensemble afin que le passé surgisse comme une forme inventée et toujours à saisir; les images produites s’impriment ensuite dans la matière.
Ici, l'exposition restitue les travaux initiés pendant la résidence Caza d'Oro.

Venus, 2019
Photographies, 82x55 cm
Travail issu des recherches pendant la résidence Caza d’Oro

Sur les rives des lacs, les corps des baigneuses s’impriment sur les serviettes telles des éclipses de plage à proximité des sites archéologiques : Lespugue ou Willendorf...

KhetteraKhettaras, 2016 - 2019
3 photographies, 164x100 cm

La technique des Khettaras est considérée comme l’un des plus vieux systèmes de gestion des eaux de culture, il y a plus de 3 000 ans. Le système d’irrigation est constitué d’une succession de puits reliés entre eux, une galerie souterraine conduit les eaux dans les périmètres de culture 10 à 20 kilomètres plus loin dans les villages. Ces constructions offrent visuellement des dédales de formes complexes. Ces trous archéologiques nous engagent à consulter une Histoire, un abîme, un secret, ils tendent vers une abstraction «habitée».

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Dérives insulaires, 2016 - 2019
10 photographies, dimensions variables.

Action aux abords des rivages. Les marcheurs sont invités à choisir une pierre et à la suspendre. Celle-ci vient parfois de plus loin, ayant parcouru des chemins, dans la poche.

LaitonDéambulations stratigraphiques, 2018 - 2019
8 photographies, 17x24 cm,
Travail réalisé dans le cadre de la commande du 1°/° artistique du collège Pierre Emmanuel à Pau

Regarder au sol. Glaner par terre. Déambuler dans l’espace de la ville afin de recueillir de multiples éléments naturels qui sont agencés par strates dans une poche plastique. Cette succession de différentes couches crée, telle une stratigraphie, un processus de diagnostic physique des quartiers alentours. Par la photographie, ces superpositions de matières diverses réagencent les hauteurs de sol. Le paysage urbain s’assoit sur ses profondeurs.

silex4Vaisseaux, 2019
photographies, dimensions variables
Travail issu des recherches pendant la résidence Caza d’Oro

Suspendus par les mains des habitants, les vaisseaux se confrontent à l’échelle des bâtiments de cités HLM. Fantomatiques, ils surgissent dans l’espace de la ville, irriguent son espace et son temps.

(Remerciements à Florent Rivière d’Xploria pour le prêt des silex)

Son travail témoigne de la complexité du lien tissé entre l’espace social et les individus et vise à repenser la construction du territoire à partir de situations décalées, qu’elle met en place, où chacun est invité à ré-envisager et à re-composer par le geste, par l’écriture ou par la parole des usagers, l’espace public.
Face aux stéréotypes, aux enjeux de pouvoir et aux codes de l’apparence, s’appuyer sur des processus collaboratifs est pour elle la base d’une démarche qui marque l’ensemble de son travail.

L’image fixe les propositions performées et rend compte, par ses différentes matérialités, d’une rencontre physique avec les lieux de vie.
La recherche, qui croise la sociologie, l’anthropologie, l’archéologie et les questions de représentation, est ainsi activée par les habitants eux-mêmes.
Après des études dans les écoles d’arts-appliqués Estienne et Olivier de Serre, elle est formée à l’Université Paris 8 et à School of visual art à NYC, puis diplômée de l’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Son travail est présenté en France et à l’étranger depuis 1997. Lors de résidences, elle séjourna notamment à la DAAD à Berlin, à Yamanashi au Japon ou plus récemment dans le laboratoire du NRS IPANEMA à Saclay. Ses pièces ont notamment été exposées au Centre Georges Pompidou à Paris, au Palais de Tokyo, à la Biennale de Tirana, à la Galerie La Ruche de Tokyo ou à l’Elac à Lausanne.laiton1

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