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Fabre Arno

De longue date et sans relâche, l’homme cherche à construire son double. Bien sûr, la fiction est maîtresse devant la réalité, mais lorsque l’on découvre les derniers robots humanoïdes, nous ne pouvons qu’être impressionnés par leur niveau de ressemblance à l’homme. Chaque année, les nouveaux modèles apparaissent de plus en plus vivants et performants. Tout est fait pour nous les rendre sympathiques et nous accoutumer à leur présence dans notre quotidien. Des spectacles et des chorégraphies pour robots sont généreusement subventionnés. Les budgets alloués à la recherche, privés et publics, sont colossaux. Mais que cherche-t-on ?

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Pourquoi ce besoin de donner une forme humaine et des attitudes humaines à des robots ? Qu’est-ce que cela dit de nous ? De notre rapport à la technique ? De notre compréhension du vivant ? Qu’en est-il de la définition de l’homme ? ... Nous vous proposons d’aborder ces questions avec la conférence-exposition «Arpenter l’Uncanny Valley». Sur une table de conférence, cinq microphones sont alignés. Face à chaque microphone, un haut-parleur qui « parle ». Donc il y a cinq « voix ». Le montage sonore de ces cinq voix convoque Rousseau, Robocop, Descartes, les neurosciences, la bioéthique, les androïdes japonais, l’Homme qui valait trois milliards ou la Bible pour nous emmener, à la manière d’un espace mental où se confrontent pensées hétérogènes et contradictoires, dans le monde anthropomorphique des humanoïdes.

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Avec une voix de synthèse, la conférence-exposition commence ainsi : «Bonjour, et merci d’être là pour assister à la conférence-exposition d’Arno Fabre, Arpenter l’Uncanny Valley. Bien que la marche bipède soit encore mal maîtrisée, et que l’intelligence artificielle reste très loin de ses promesses, les robots humanoïdes sont de plus en plus impressionnants de réalisme. Mais en même temps qu’ils produisent un sentiment de fascination, ils provoquent aussi un trouble inquiétant.

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C’est en 1970 que le roboticien japonais Masahiro Mori développe le concept de The Uncanny Valley (La vallée dérangeante), où il énonce que l’inquiétante étrangeté que nous inspire l’humanoïde semble être liée à son degré de ressemblance à l’homme. Des premiers automates du dieu Héphaïstos aux derniers robots japonais, du monstre Frankenstein au cyborg Robocop, nos invités vous proposent de voyager à l’intérieur de la propension acharnée de l’homme à construire son double, ébranlant toujours plus la frontière du vivant et de l’inanimé. Les photographies sont interdites et nous vous demandons de couper votre extension téléphone portable. Merci.»

The Uncanny Valley (La vallée dérangeante) - Réaction émotionnelle de sujets humains face à l’anthropomorphisme d’un robot, d’après Masahiro Mori.

conception, réalisation et création sonore > Arno Fabre

dramaturgie et recherche des textes > Laurence Riout

lecture > Arno Fabre production et diffusion > c15d - licences d'entrepreneur de spectacles n°2-1040173 et 3-1040174

Arpenter l'Uncanny Valley est une coproduction Caza d'Oro - résidences d'artistes, MiMa / Association Fil en Trope et C15D.

CV Arno FABRE

http://arnofabre.free.fr

BIOGRAPHIE :

1970. Limousin.
Enfance rurale et heureuse. Je conduis les tracteurs, observe les oiseaux, escalade les vieux murs, écoute la radio, démonte le piano et joue de la batterie.

1990 : diplôme de l’école Louis Lumière « “ Vaugirard, section photographie. Le besoin d’un rapport physique à la matière, à l’espace et au mouvement me pousse aussi à travailler la pierre, l’architecture et la danse contemporaine.

1994 : CAP de tailleur de pierre (FCMB Avignon), sculpture et taille de pierre pour les monuments historiques.

1998 post diplôme d’architecture en terre (CRATerre « “ Ecole d’Architecture de Grenoble).

2001 à 2003 : résidence au Fresnoy, studio national des arts contemporains.»

BIOGRAPHIE : Arno Fabre est un artiste éclectique, inclassable. Il aime se dire « méticuleux voire maniaque, persévérant voire entêté». Nous pouvons ajouter qu’il est curieux du monde, car c’est bien avec cette méticuleuse persévérance et avec une étonnante liberté de pensée et de moyens qu’il dessine son parcours parmi tracteurs, robinets, bruits, mots, machines, danse contemporaine, taille de pierre, photographie, textes de loi, urbanisme et musique contemporaine. Poétiques autant que réflexives, ses œuvres nous déplacent et nous bousculent dans notre rapport au monde. Ses installations sonores (Dropper01, Les Souliers, Composition pour trois radios, Astragale Zénon l’arpenteur « ¦ ) et son travail sur le paysage, la loi et le sauvage (Contre-nature Lois et paysages, Tunning Landscape, Loup y es-tu ?, Ne surtout pas l’ignorer, The Evergreen « ¦) sont invités en France et à l’étranger, lors d’expositions d’art contemporain, de festivals de musique contemporaine, de marionnettes ou d’art électronique. Il est diplômé de l’Ecole nationale supérieure Louis Lumière (section photographie) et du Fresnoy « “ studio national des arts contemporains. (source : http://arnofabre.free.fr)

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